Le développement des infrastructures routières demeure l'un des principaux leviers de croissance économique du Cameroun.

Dans cette dynamique, la région du Sud affiche de nouvelles ambitions avec un vaste programme de près de 400 kilomètres de routes d'intérêt régional, destiné à améliorer la mobilité des populations, soutenir les activités économiques et renforcer l'intégration territoriale.

Présentée au ministère des Travaux publics, cette initiative marque une nouvelle étape dans la montée en puissance des collectivités territoriales décentralisées en matière de planification des investissements structurants.

Conduite par Mme Bisse Meba Cathy, vice-présidente du Conseil régional du Sud, une délégation de l'exécutif régional a été reçue le 14 juillet 2026 par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi.

Au cœur des échanges figurait la recherche d'un accompagnement technique indispensable à la préparation de ce vaste programme routier, considéré comme un préalable à la mobilisation des financements.

Un vaste programme pour améliorer la connectivité régionale

Le projet présenté par le Conseil régional ambitionne de réduire l'enclavement de plusieurs localités du Sud grâce à l'aménagement d'environ 400 kilomètres de routes d'intérêt régional.

Au-delà de la construction de nouvelles infrastructures, cette initiative vise à améliorer durablement les conditions de circulation entre les bassins de production agricole, les centres urbains et les principaux axes nationaux.

Pour une région riche en ressources forestières, agricoles et minières, la qualité du réseau routier constitue un facteur déterminant de compétitivité.

Des routes plus performantes facilitent non seulement les déplacements des populations, mais également l'acheminement des marchandises vers les marchés nationaux et les plateformes logistiques comme le Port autonome de Kribi.

Le désenclavement apparaît ainsi comme un levier essentiel pour accélérer le développement économique et renforcer l'attractivité des territoires.

Les études techniques, une étape clé avant les financements

Si les ambitions sont importantes, les responsables régionaux savent que la réussite du projet dépend d'abord d'une préparation rigoureuse.

C'est dans cette perspective que le Conseil régional a sollicité l'appui technique du ministère des Travaux publics afin de conduire les études préalables nécessaires à la réalisation des infrastructures.

Ces études permettront notamment de définir les tracés, d'évaluer les contraintes géotechniques et environnementales, d'estimer les coûts des travaux et de préparer les dossiers techniques destinés aux partenaires financiers.

Dans le financement des grands projets d'infrastructures, la qualité des études constitue souvent un critère déterminant pour convaincre les bailleurs de fonds, les partenaires au développement ou les investisseurs.

En recherchant cet accompagnement dès la phase de préparation, le Conseil régional adopte une démarche qui privilégie l'anticipation et la crédibilité des projets.

Le gouvernement salue une approche tournée vers la planification

Au cours des échanges, la délégation régionale a salué les investissements déjà réalisés par l'État dans le Sud, en particulier les avancées enregistrées sur plusieurs chantiers routiers majeurs.

Parmi les projets évoqués figurent la route Ebolowa–Akom II–Kribi, dont les travaux progressent, ainsi que la réhabilitation de l'axe Ebolowa–Ambam.

Ces infrastructures sont appelées à améliorer les échanges entre les différentes localités de la région et à renforcer les connexions avec le littoral camerounais, où se concentrent plusieurs équipements stratégiques, notamment le Port de Kribi.

En retour, le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a salué l'initiative portée par le Conseil régional, qu'il considère comme une illustration concrète de la montée en compétence des collectivités territoriales décentralisées dans la conduite des projets de développement.

Le membre du gouvernement a également réaffirmé la disponibilité de son département ministériel à accompagner cette démarche, dans la limite des moyens techniques disponibles.

Les infrastructures, moteur de la croissance régionale

Le développement du réseau routier constitue un enjeu majeur pour l'économie de la région du Sud. Une meilleure desserte permettrait d'accélérer la circulation des produits agricoles, du bois, des matériaux de construction et d'autres ressources économiques vers les principaux centres de consommation et les marchés d'exportation.

Les entreprises bénéficieraient également d'une réduction des coûts logistiques, tandis que les populations accéderaient plus facilement aux établissements scolaires, aux centres de santé et aux services administratifs.

L'amélioration des infrastructures est également susceptible de stimuler les investissements privés dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture, de la transformation industrielle et des services.

À moyen terme, ces nouvelles routes pourraient contribuer à renforcer les échanges économiques avec les régions voisines et à consolider le rôle stratégique du Sud dans le développement national.

Un modèle que le gouvernement souhaite voir se généraliser

Au-delà du seul cas de la région du Sud, le ministère des Travaux publics voit dans cette initiative une méthode de travail susceptible d'inspirer d'autres collectivités territoriales.

En privilégiant une planification structurée, appuyée sur des études techniques solides avant la recherche de financements, les régions augmentent leurs chances de concrétiser leurs projets dans des délais maîtrisés.

Cette approche favorise également une meilleure coordination entre les collectivités locales, les administrations centrales et les partenaires techniques et financiers.

Dans un contexte où la décentralisation occupe une place croissante dans les politiques publiques camerounaises, cette démarche pourrait contribuer à accélérer la réalisation d'infrastructures adaptées aux besoins spécifiques de chaque territoire.

Le projet de près de 400 kilomètres de routes porté par le Conseil régional du Sud dépasse ainsi le simple objectif de désenclavement.

Il traduit la volonté des autorités régionales de construire une stratégie de développement fondée sur des infrastructures durables, capables de soutenir la croissance économique, de renforcer la cohésion territoriale et d'améliorer les conditions de vie des populations.

Si les études techniques aboutissent rapidement et que les financements sont mobilisés, cette initiative pourrait devenir l'un des projets structurants les plus importants pour l'avenir économique du Sud-Cameroun.