Baba Danpullo veut lancer une compagnie aérienne privée au Cameroun
Le milliardaire camerounais Baba Danpullo préparerait le lancement de Danpullo Air Line, un projet estimé à 500 milliards de FCFA comprenant une compagnie aérienne et deux aéroports privés.
Le secteur aérien camerounais pourrait connaître l'un de ses plus importants bouleversements de ces dernières décennies.
Selon des informations rapportées par plusieurs médias spécialisés, le milliardaire Baba Ahmadou Danpullo préparerait le lancement d'une nouvelle compagnie aérienne privée baptisée Danpullo Air Line.
Au-delà de la création d'un transporteur national, le projet comprendrait également la construction de deux aéroports privés à Yaoundé et Douala, pour un investissement global estimé à 500 milliards de FCFA.
i cette initiative se concrétise, elle pourrait modifier en profondeur le paysage du transport aérien au Cameroun, dans un contexte où la demande de mobilité progresse tandis que la compagnie publique Camair-Co continue de faire face à des difficultés structurelles.
Un projet ambitieux pour connecter le Cameroun
D'après les informations publiées par Financial Afrik et relayées par Forbes Afrique, Danpullo Air Line ambitionne, dans un premier temps, d'assurer des liaisons régulières entre les dix régions du Cameroun.
L'objectif serait de renforcer la connectivité intérieure, un enjeu majeur dans un pays où les longues distances, l'état de certaines infrastructures routières et les contraintes géographiques limitent parfois la mobilité des personnes et des marchandises.
À moyen terme, le réseau pourrait être étendu vers les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), créant ainsi un nouvel acteur régional du transport aérien.
Une telle stratégie répondrait à la volonté de renforcer les échanges économiques, commerciaux et touristiques entre les pays d'Afrique centrale.
Deux aéroports privés en projet
Le projet ne se limiterait pas à l'exploitation d'une flotte d'avions. Les informations disponibles évoquent également la construction de deux aéroports privés, l'un à Yaoundé et l'autre à Douala.
Selon les éléments publiés par Forbes Afrique, les travaux du premier aéroport pourraient démarrer dès septembre 2026, avec une entrée en exploitation commerciale envisagée à l'horizon 2030.
Si ces infrastructures voient effectivement le jour, elles constitueraient une première à cette échelle dans le paysage aéronautique camerounais.
Le développement d'infrastructures privées pourrait contribuer à accroître les capacités d'accueil du trafic aérien, à diversifier l'offre de services et à améliorer la compétitivité du secteur.
Un investissement hors norme
Le coût global du projet est estimé à 500 milliards de FCFA, soit environ 873 millions de dollars. Toujours selon les informations relayées par Financial Afrik, ce montant représenterait environ 92 % de la fortune de Baba Danpullo, évaluée à 547 milliards de FCFA par Forbes Afrique.
Le financement reposerait sur une combinaison de fonds propres, d'investissements privés ainsi que de financements apportés par des établissements bancaires américains et européens.
L'ampleur de cet engagement financier témoigne des ambitions du projet, qui dépasserait largement le simple lancement d'une compagnie aérienne pour intégrer l'ensemble de la chaîne d'infrastructures nécessaires à son développement.
Une concurrence potentielle pour Camair-Co
Si Danpullo Air Line entre effectivement en activité, le marché aérien camerounais pourrait connaître une nouvelle dynamique concurrentielle. Depuis plusieurs années, Camair-Co, la compagnie nationale, peine à retrouver une stabilité durable.
Le vieillissement d'une partie de sa flotte, les contraintes financières récurrentes ainsi que le recours fréquent à des appareils en location ont régulièrement affecté ses performances opérationnelles.
Dans ce contexte, l'arrivée d'un opérateur privé disposant d'importantes capacités d'investissement pourrait contribuer à élargir l'offre de transport aérien disponible sur le marché camerounais.
Toutefois, le succès d'une telle initiative dépendra de nombreux facteurs, notamment de la demande réelle sur les lignes intérieures, des coûts d'exploitation, du cadre réglementaire et de la rentabilité des investissements annoncés.
Le parcours d'un entrepreneur devenu milliardaire
Originaire d'une modeste famille peule du Nord-Ouest du Cameroun, Baba Ahmadou Danpullo figure aujourd'hui parmi les plus importantes fortunes du continent.
Au fil des années, il a construit un groupe présent dans plusieurs secteurs d'activité, notamment l'immobilier, les télécommunications, l'agriculture et les transports.
À travers Bestinver Cameroun, il détient notamment 49 % du capital de Nexttel, le troisième opérateur de télécommunications mobiles du pays. L'homme d'affaires possède également un important patrimoine immobilier en Afrique du Sud, qui contribue à asseoir sa position parmi les principaux investisseurs africains.
Cette diversification illustre une stratégie fondée sur des investissements dans des secteurs considérés comme structurants pour le développement économique.
Une transformation possible du paysage aérien
Le projet Danpullo Air Line intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs capacités de transport aérien afin d'accompagner la croissance des échanges économiques et l'intégration régionale.
Pour le Cameroun, une nouvelle compagnie privée pourrait stimuler la concurrence, améliorer la desserte intérieure et renforcer les connexions avec les marchés de la CEMAC.
Il convient toutefois de souligner que, à ce stade, les informations disponibles reposent sur des annonces relayées par des médias spécialisés et ne constituent pas encore une confirmation officielle du lancement du projet.
Si les différentes étapes de financement, d'autorisation et de réalisation aboutissent, cet investissement de 500 milliards de FCFA pourrait devenir l'un des plus importants jamais engagés par un entrepreneur privé dans l'aviation camerounaise.
Au-delà de la création d'une compagnie aérienne, il traduirait une volonté de participer à la modernisation des infrastructures de transport du pays et de renforcer la connectivité de l'Afrique centrale.



