CSTAR : Moudiki inspecte les modules de la raffinerie de Kribi
Nathalie Moudiki a visité les usines fabriquant les modules de la raffinerie CSTAR de Kribi. Mise en service attendue fin 2026, capacité de 10 000 barils/jour.
Pendant que d'autres grands projets pétroliers africains s'enlisent dans les retards et les surcoûts, le dossier CSTAR semble, lui, tenir son calendrier.
Preuve en est cette visite de terrain menée personnellement par la présidente du conseil d'administration de l'entreprise, Nathalie Moudiki, qui s'est rendue directement dans les usines où sont façonnés les modules destinés à la future raffinerie et au Tank Farm de Kribi.
Un déplacement qui n'a rien d'un simple exercice de communication : il s'agit de vérifier, pièce par pièce, que l'ouvrage tient la route avant même d'arriver sur le sol camerounais.
Une inspection au cœur des chaînes de production
Loin des bureaux et des tableaux de bord, la délégation de CSTAR a choisi d'aller constater de visu l'état d'avancement des travaux là où tout se joue : sur les lignes de fabrication.
Les équipes dirigeantes se sont entretenues avec les techniciens en charge de la production et ont passé au crible les installations, module après module.
L'objectif affiché était clair : s'assurer que chaque composant respecte scrupuleusement les cahiers des charges en matière de qualité, de sécurité et de performance — des critères non négociables lorsqu'il s'agit d'équiper une infrastructure pétrolière appelée à fonctionner selon les standards internationaux du secteur.
Une gouvernance qui met la main dans le cambouis
Ce déplacement de la présidente du conseil d'administration en dit long sur la méthode adoptée par le top management de CSTAR pour ce chantier stratégique.
Plutôt que de se contenter de rapports d'étape, l'encadrement de l'entreprise a fait le choix d'un contrôle rapproché, au plus près des partenaires industriels chargés de la fabrication.
Cette présence sur le terrain vise un double objectif : fiabiliser l'exécution technique du projet et sécuriser le respect des délais de livraison, deux points sensibles pour tout grand chantier énergétique où le moindre retard peut se répercuter sur toute la chaîne, jusqu'à la mise en service finale.
Cap sur fin 2026 pour la mise en service
Sur le papier, l'échéance reste inchangée : la raffinerie de Kribi doit entrer en service d'ici la fin de l'année 2026. Une fois opérationnelle, l'infrastructure affichera une capacité de traitement initiale de 10 000 barils par jour.
Un volume qui, sans être colossal à l'échelle des géants du raffinage mondial, représente une avancée notable pour un pays qui cherche depuis des années à muscler sa capacité de transformation locale des hydrocarbures, plutôt que de continuer à dépendre massivement des importations de produits raffinés.
Un enjeu qui dépasse la seule industrie pétrolière
Au-delà des chiffres et des tonnages, ce projet s'inscrit dans une logique plus large de consolidation de la souveraineté énergétique du Cameroun.
Disposer d'une raffinerie supplémentaire, dotée d'un Tank Farm dimensionné pour le stockage, c'est aussi réduire la dépendance du pays aux aléas des marchés internationaux et aux fluctuations des approvisionnements extérieurs.
Dans un contexte régional où la maîtrise des chaînes de valeur énergétiques devient un argument de poids diplomatique et économique, chaque module assemblé aujourd'hui dans une usine partenaire pèse, à terme, dans la balance de l'indépendance énergétique nationale.
Le pari de la rigueur avant la mise en route
Reste que la promesse d'un calendrier tenu ne vaut que si la qualité suit.
En multipliant les visites d'inspection avant même l'arrivée des modules sur le site de Kribi, CSTAR semble vouloir éviter les mauvaises surprises qui, ailleurs, ont parfois transformé des raffineries flambant neuves en chantiers sans fin.
La méthode a le mérite de la cohérence : mieux vaut détecter une non-conformité dans une usine à l'étranger que découvrir un défaut une fois l'équipement installé à Kribi.
À un peu plus d'un an de l'échéance annoncée, cette rigueur affichée sera scrutée de près par tous ceux qui attendent de voir le Cameroun franchir un nouveau cap dans son autonomie énergétique.



