Mise en activité en 2023, la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) poursuit sa montée en puissance dans le paysage financier camerounais.

En l'espace de trois ans, l'institution publique a progressivement consolidé sa place en tant qu'acteur chargé de sécuriser des ressources financières tout en participant au financement de l'économie nationale.

À la fin du mois de juin 2026, la CDEC avait déjà centralisé plus de 151 milliards de FCFA, selon les données communiquées par son directeur général, Richard Evina Obam.

Ce niveau de ressources traduit la montée en régime d'un établissement créé pour recevoir, conserver et gérer des fonds publics et privés soumis à des régimes particuliers.

Au-delà du volume financier collecté, ces résultats illustrent également la volonté des autorités de doter le Cameroun d'un investisseur institutionnel capable d'accompagner le développement économique sur le long terme.

Plus de 22 000 opérations déjà traitées

Depuis son opérationnalisation, la CDEC a enregistré une activité soutenue. L'institution indique avoir traité plus de 22 000 opérations, portant principalement sur des consignations judiciaires, administratives, des cautionnements, des fonds en déshérence ainsi que des séquestres.

Au total, plus de 17 000 consignations sont actuellement administrées par la caisse, conformément à sa mission de conservation, de sécurisation et de restitution des sommes qui lui sont confiées.

Cette fonction demeure au cœur de son mandat : garantir que les fonds déposés restent disponibles pour leurs bénéficiaires légitimes tout en assurant leur protection dans un cadre réglementaire strict.

Cette gestion a déjà permis le reversement de plus de 20 milliards de FCFA aux ayants droit concernés, confirmant la vocation première de l'institution en matière de sécurisation des ressources financières.

Une stratégie d'investissement axée sur la prudence

La CDEC ne se limite toutefois pas à conserver les fonds qui lui sont confiés. Dans le respect des règles de sécurité financière, elle valorise une partie de ces ressources afin qu'elles génèrent des revenus sans compromettre leur disponibilité.

L'établissement précise ainsi que « dans le même temps, elle a engagé une politique prudente de valorisation de ses ressources, avec plus de 56 milliards de FCFA d'encours investis dans des titres financiers ».

Concrètement, une part importante de ces placements est orientée vers des instruments considérés comme peu risqués, notamment les bons du Trésor et les obligations d'État.

Selon Richard Evina Obam, plus de 40 milliards de FCFA ont déjà été investis dans ces produits financiers. Cette approche permet à la caisse de faire fructifier les ressources qui lui sont confiées tout en conservant un niveau élevé de sécurité, caractéristique des établissements de dépôts publics.

Un investisseur public appelé à jouer un rôle durable

Au-delà de la gestion quotidienne des consignations, la direction de la CDEC entend renforcer progressivement le rôle économique de l'institution.

Pour son directeur général, « en instituant la CDEC, l'État a fait le choix de se doter d'un instrument public capable de contribuer, aux côtés des autres acteurs du système financier, à la mobilisation de ressources à long terme, à leur sécurisation et à leur orientation vers le financement du développement ».

Cette ambition traduit une évolution du modèle de la caisse, appelée à devenir un investisseur institutionnel capable de soutenir durablement les politiques publiques et les projets structurants.

Les 56 milliards de FCFA actuellement investis témoignent déjà de cette orientation progressive vers le financement de long terme.

La diaspora, prochain levier de mobilisation de l'épargne

La CDEC souhaite désormais élargir ses sources de financement. Dans cette perspective, elle a présenté en juillet 2026 les résultats du projet DIASDEV, destiné à préparer un mécanisme d'épargne réglementée ouvert aussi bien aux Camerounais vivant à l'étranger qu'aux résidents du pays.

L'objectif est de mieux canaliser une partie des ressources financières de la diaspora camerounaise, dont les transferts ont atteint 1,2 milliard de dollars en 2024, soit environ 652 milliards de FCFA.

L'enjeu consiste à transformer une partie de ces flux en ressources longues susceptibles d'être mobilisées pour financer le développement économique national.

Richard Evina Obam souligne que « il constitue ainsi une étape importante dans la diversification de notre modèle économique et dans le renforcement progressif de notre rôle d'investisseur institutionnel ».

Une institution qui affirme progressivement son poids financier

Les chiffres présentés le 7 juillet 2026, lors de la conférence consacrée à la restitution des conclusions du projet DIASDEV, mettent en évidence l'évolution rapide de la CDEC depuis son entrée en activité.

Avec plus de 151 milliards de FCFA centralisés, des dizaines de milliers d'opérations déjà traitées, plus de 20 milliards de FCFA restitués aux bénéficiaires et 56 milliards de FCFA investis dans des actifs financiers, l'établissement démontre sa capacité à conjuguer sécurisation des fonds et gestion active des ressources.

Pour l'économie camerounaise, cette montée en puissance dépasse la simple gestion des consignations.

Elle marque l'émergence d'un acteur susceptible de contribuer durablement à la mobilisation de capitaux de long terme, un enjeu majeur dans un contexte où les besoins de financement des infrastructures et des investissements productifs demeurent considérables.