Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement de la transition écologique.

En mettant officiellement en œuvre son Programme de financement climatique et des financements innovants, le gouvernement entend renforcer sa capacité à attirer les ressources internationales dédiées au climat et à financer des projets structurants capables de répondre aux défis environnementaux tout en stimulant le développement économique.

Le lancement opérationnel de ce dispositif a été marqué le 3 juillet 2026 à Yaoundé, à l'occasion de la première session du Comité de pilotage du programme.

Présidée par Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du ministère des Finances (Minfi), représentant le ministre Louis Paul Motaze, cette rencontre traduit la volonté des pouvoirs publics de structurer une véritable stratégie nationale de mobilisation des financements climatiques.

Un outil stratégique pour attirer davantage de financements internationaux

Alors que les conséquences du changement climatique deviennent de plus en plus visibles au Cameroun, avec la multiplication des inondations, des épisodes de sécheresse, de la dégradation des terres agricoles et des pressions croissantes sur les ressources naturelles, les besoins de financement augmentent considérablement.

Conscient de cet enjeu, le gouvernement mise désormais sur une approche plus organisée afin d'améliorer son accès aux différents mécanismes de financement disponibles à l'échelle mondiale.

Le Programme de financement climatique ambitionne ainsi de mieux coordonner les initiatives publiques, d'identifier les opportunités de financement, de renforcer la préparation des projets et d'orienter les investissements vers les secteurs les plus exposés aux effets du dérèglement climatique.

L'objectif est également de positionner le Cameroun comme un acteur crédible auprès des grands bailleurs internationaux, des fonds verts, des institutions financières et des investisseurs spécialisés dans les projets de transition écologique.

Une mobilisation collective autour de la finance verte

La première réunion du Comité de pilotage a réuni un large éventail d'acteurs publics et privés appelés à contribuer à cette nouvelle dynamique.

Autour du ministère des Finances étaient notamment représentés le ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Minepat) ainsi que le ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded).

Des représentants des collectivités territoriales décentralisées, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs administrations sectorielles ont également pris part aux échanges.

Cette gouvernance élargie répond à une logique de coordination, les projets climatiques impliquant généralement plusieurs administrations, des partenaires internationaux et des investisseurs privés.

Produire des projets capables de convaincre les investisseurs

L'une des principales ambitions du programme consiste à améliorer la qualité des projets présentés aux bailleurs de fonds. Dans le domaine de la finance climatique, disposer de ressources naturelles importantes ou d'importants besoins d'investissement ne suffit pas.

Les financements internationaux sont attribués à des projets techniquement solides, financièrement viables et répondant aux exigences des institutions internationales.

Le Cameroun souhaite donc renforcer la préparation de projets bancables, c'est-à-dire suffisamment structurés pour attirer les investisseurs et obtenir les financements nécessaires.

Cette stratégie vise également à faciliter l'accès aux financements nationaux, aux fonds internationaux consacrés au climat, aux mécanismes liés aux marchés du carbone ainsi qu'à d'autres instruments financiers innovants.

Des secteurs prioritaires au cœur de la transition écologique

Les ressources qui seront mobilisées à travers ce programme financeront principalement des domaines considérés comme stratégiques pour le développement durable du pays.

L'agriculture figure parmi les premières priorités afin d'accompagner les producteurs dans leur adaptation aux nouvelles conditions climatiques et de renforcer la sécurité alimentaire.

Le secteur de l'énergie bénéficiera également de nouveaux investissements destinés à soutenir une production plus durable et à accompagner la transition énergétique.

Les projets liés à l'eau potable, à l'assainissement, aux infrastructures résilientes ainsi qu'à la préservation des écosystèmes constituent également des axes majeurs de cette politique.

En orientant les financements vers ces secteurs, les autorités espèrent améliorer les conditions de vie des populations tout en limitant les impacts économiques du changement climatique.

Un programme créé pour renforcer l'accès aux fonds verts

Le Programme de financement climatique n'est pas une initiative improvisée. Il a été institué en mai 2025 par un décret signé par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, afin de doter le Cameroun d'un mécanisme permanent consacré à la mobilisation des financements climatiques.

Sa mission consiste notamment à coordonner les actions nationales destinées à accéder aux fonds internationaux spécialisés, aux mécanismes des marchés du carbone et aux autres instruments de financement innovants.

Le programme accompagne également les administrations dans la conception de projets répondant aux standards internationaux et facilite les échanges avec les partenaires techniques et financiers.

À travers ce dispositif, les pouvoirs publics souhaitent instaurer une gouvernance plus efficace, reposant sur une meilleure coordination entre les administrations, les collectivités territoriales, le secteur privé et les bailleurs internationaux.

Une nouvelle étape pour la stratégie climatique du Cameroun

Avec l'opérationnalisation de ce programme, le Cameroun affiche clairement son ambition de transformer la finance climatique en véritable levier de développement.

Au-delà de la recherche de nouveaux financements, cette stratégie vise à créer un environnement favorable aux investissements verts, à améliorer la qualité des projets publics et à renforcer la résilience de l'économie face aux défis climatiques.

En structurant davantage son dispositif institutionnel et en misant sur des projets à fort impact, le pays espère accroître sa capacité à capter les fonds verts disponibles à l'échelle internationale.

Une démarche qui pourrait contribuer, dans les années à venir, à accélérer la transition écologique tout en soutenant une croissance plus durable, inclusive et résiliente.