Crédit bancaire : les 5 banques qui financent le plus l’économie camerounaise
Au premier trimestre 2026, les banques camerounaises ont accordé 1 337,3 milliards de FCFA de nouveaux crédits. Découvrez le classement des cinq principaux établissements, les secteurs financés, les tendances du marché et les enseignements du dernier rapport de la BEAC.
Le Cameroun conserve son statut de principal moteur du crédit bancaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Toutefois, derrière ce leadership régional se cache une réalité plus nuancée : les banques ont accordé davantage de prêts en nombre au premier trimestre 2026, mais les montants effectivement distribués ont fortement diminué.
Cette évolution, révélée dans le dernier rapport de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) consacré aux taux débiteurs, témoigne d'un environnement où les financements deviennent plus prudents et plus coûteux.
Le Cameroun reste le premier marché du crédit de la Cemac
Au cours des trois premiers mois de 2026, les établissements de crédit opérant au Cameroun ont accordé 207 119 nouveaux prêts, représentant un volume total de 1 337,3 milliards de FCFA.
Avec plus de la moitié des nouveaux crédits distribués dans l’ensemble de la Cemac, le pays confirme son rôle central dans le financement de l’activité économique sous-régionale. Cette performance masque néanmoins une baisse significative des montants prêtés.
À la même période en 2025, les banques avaient injecté 1 887 milliards de FCFA dans l’économie camerounaise.
En un an, les nouveaux concours financiers ont ainsi reculé d’environ 550 milliards de FCFA. Paradoxalement, le nombre de dossiers financés progresse légèrement, passant de 202 508 à 207 119. Pour la BEAC, cette évolution « traduit un léger engouement des agents économiques vers l’emprunt bancaire ».
Autrement dit, davantage d’acteurs sollicitent les banques, mais les enveloppes accordées sont globalement moins importantes qu’un an auparavant.
General Bank of Cameroon prend la tête du classement
Le paysage bancaire connaît également une recomposition de ses principaux acteurs. Désormais rebaptisée General Bank of Cameroon (GBC) après la reprise des parts de Société Générale par l’État camerounais, l’ancienne Société Générale Cameroun devient le premier financeur de l’économie nationale.
Au premier trimestre 2026, l’établissement concentre 17,64 % des nouveaux crédits distribués, contre 11,07 % un an plus tôt, enregistrant ainsi une progression remarquable.
La SCB Cameroun, filiale du groupe marocain Attijariwafa Bank, occupe la deuxième position avec 17,48 % du marché, contre 13,22 % un an auparavant. La compétition entre les deux établissements reste particulièrement serrée.
La Bicec, contrôlée par le groupe Banque Centrale Populaire, complète le podium avec 14,76 % des nouveaux crédits. La banque enregistre toutefois un recul par rapport aux 17,60 % détenus au premier trimestre 2025.
Afriland First Bank et CCA-Bank gagnent du terrain
Le classement est complété par deux banques à capitaux camerounais qui enregistrent les plus fortes progressions de l'année. Afriland First Bank représente désormais 13,48 % des nouveaux crédits, contre seulement 7,81 % un an plus tôt.
Une évolution qui confirme le renforcement de sa présence sur le marché du financement. De son côté, CCA-Bank, ancienne institution de microfinance devenue banque commerciale, poursuit sa montée en puissance.
Sa part de marché atteint 10,97 %, alors qu'elle ne représentait que 3,98 % au premier trimestre 2025. Ensemble, ces cinq établissements concentrent 74,33 % des nouveaux crédits accordés dans le pays. La BEAC invite cependant à relativiser cette concentration.
Selon l'institution monétaire, « le marché du crédit bancaire est resté fragmenté, aucune banque n’ayant exercé une influence significative sur les prix ou les conditions générales du marché ».
Par ailleurs, l'analyse doit être interprétée avec prudence puisque CBC n'a pas transmis ses données au premier trimestre 2026 en raison d'une anomalie technique. Or, cet établissement représentait 10,92 % du marché un an plus tôt, ce qui peut légèrement modifier la lecture du classement.
Les entreprises absorbent toujours l’essentiel des financements
La structure des bénéficiaires reste largement dominée par les entreprises. Elles ont capté 1 207 milliards de FCFA, soit 90,26 % de l'ensemble des nouveaux crédits distribués au Cameroun.
Les grandes entreprises demeurent les principales bénéficiaires avec 970,8 milliards de FCFA, correspondant à 72,60 % du total des financements.
Les PME ont obtenu 236,1 milliards de FCFA, soit 17,66 % des crédits accordés. Les particuliers ont bénéficié de 115,2 milliards de FCFA, tandis que les administrations publiques et collectivités territoriales décentralisées ont reçu 14,1 milliards de FCFA.
Malgré cette priorité accordée au secteur productif, les volumes prêtés aux entreprises restent en nette diminution par rapport à l'année précédente, confirmant un ralentissement du financement bancaire de l'économie.
Des crédits plus courts… et plus chers
Le rapport met également en évidence une préférence persistante des banques pour les financements de courte durée.
Les prêts à court terme représentent 73,23 % des concours bancaires, soit 979,7 milliards de FCFA. À l'inverse, les crédits à moyen terme ne constituent que 6,75 % de l'offre totale, tandis que les financements à long terme atteignent seulement 4,71 %.
Les engagements par signature pèsent, quant à eux, 15,30 %. Autre enseignement majeur : le coût du crédit poursuit sa progression. Selon la BEAC, le taux débiteur moyen appliqué par les établissements de crédit installés au Cameroun s'est établi à 9,03 % au premier trimestre 2026, contre 8,26 % un an auparavant.
Pour les seules banques, le taux effectif global moyen atteint 8,97 %. Cette évolution dessine un nouveau paysage bancaire où les établissements redistribuent les cartes du leadership tout en adoptant une politique de crédit plus sélective.
Pour les entreprises, notamment les PME, les défis dépassent désormais le simple accès au financement : ils concernent également le coût de l’emprunt, la durée des crédits disponibles et la capacité du système bancaire à accompagner durablement les investissements productifs.



