Cameroun : 406,2 milliards FCFA mobilisés pour accélérer l'action climatique
Le Cameroun consacre 406,2 milliards FCFA, soit 4,72 % de son budget national, à la lutte contre le changement climatique. Une enveloppe stratégique destinée à financer des infrastructures résilientes, l'agriculture et la gestion durable des ressources naturelles.
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa politique de lutte contre le changement climatique. Pour l'exercice budgétaire en cours, l'État a réservé une enveloppe de 406,2 milliards de FCFA aux actions liées au climat, confirmant une volonté de mieux intégrer les enjeux environnementaux dans la gestion des finances publiques.
Cette somme représente 4,72 % du budget national, évalué à 8 816,4 milliards de FCFA, selon les données du Document budgétaire sensible au climat (DBSC).
Cette orientation traduit une évolution progressive de la stratégie budgétaire du pays, où les dépenses environnementales ne sont plus considérées comme des actions ponctuelles, mais comme un levier essentiel pour protéger la croissance économique et renforcer la résilience des populations face aux conséquences du dérèglement climatique.
Les investissements absorbent la plus grande part des financements
L'analyse de la répartition des crédits montre que les autorités privilégient les projets structurants. Sur les 406,2 milliards de FCFA, environ 351,5 milliards sont consacrés aux investissements publics, tandis que 54,7 milliards de FCFA financeront les dépenses de fonctionnement nécessaires à la mise en œuvre des différents programmes.
Cette forte orientation vers l'investissement illustre la volonté de construire des infrastructures capables de résister aux événements climatiques de plus en plus fréquents, tout en améliorant durablement les capacités d'adaptation des secteurs les plus vulnérables.
L'objectif dépasse la simple réponse aux urgences environnementales. Il s'agit également de préparer l'économie camerounaise aux défis futurs en modernisant les équipements publics et en encourageant des pratiques de développement plus durables.
Dix-huit administrations mobilisées autour d'une même stratégie
La politique de « budgétisation verte » repose sur une approche interministérielle. Au total, 18 administrations sectorielles participent à cet effort national, chacune intervenant dans son domaine de compétence afin d'intégrer les considérations climatiques dans ses projets et programmes.
Parmi les principaux acteurs figurent notamment les ministères chargés des Travaux publics, de l'Agriculture, de l'Eau et de l'Environnement.
Cette coordination vise à renforcer l'efficacité des politiques publiques en faisant converger les investissements vers des objectifs communs de résilience climatique.
Le principe de la budgétisation sensible au climat consiste à identifier les dépenses publiques ayant un impact direct ou indirect sur la lutte contre le changement climatique, afin de mieux mesurer les efforts financiers consentis par l'État et d'améliorer leur efficacité.
Agriculture, ressources naturelles et infrastructures au cœur des priorités
Les ressources mobilisées serviront principalement à soutenir plusieurs chantiers considérés comme stratégiques pour le développement durable du Cameroun.
Les financements permettront notamment d'accompagner l'adaptation du secteur agricole face aux nouvelles réalités climatiques, caractérisées par des épisodes de sécheresse plus marqués, des précipitations irrégulières et une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.
La gestion durable des ressources naturelles constitue également un axe majeur de cette politique. Les autorités ambitionnent de préserver les écosystèmes tout en améliorant la disponibilité des ressources en eau et en limitant la dégradation des terres.
Parallèlement, une partie importante des investissements sera orientée vers la réalisation d'infrastructures résilientes, capables de mieux résister aux inondations, aux fortes chaleurs ou encore aux autres effets du changement climatique qui affectent progressivement plusieurs régions du pays.
Un enjeu économique majeur pour les prochaines décennies
Au-delà de la protection de l'environnement, cette stratégie répond à une préoccupation économique grandissante.
Les différentes projections montrent que le coût de l'inaction pourrait devenir particulièrement élevé pour l'économie camerounaise.
Selon les estimations citées dans le Document budgétaire sensible au climat, les conséquences du réchauffement climatique pourraient entraîner une perte pouvant atteindre 2 % du produit intérieur brut (PIB) chaque année d'ici 2050 si des mesures d'adaptation suffisantes ne sont pas mises en œuvre.
Une telle évolution pèserait lourdement sur les finances publiques, la production agricole, les infrastructures et les conditions de vie des populations.
En renforçant dès aujourd'hui les investissements consacrés au climat, le gouvernement cherche donc à limiter ces risques tout en préservant les perspectives de croissance à long terme.
Une transition qui s'inscrit dans la durée
L'allocation de plus de 406 milliards de FCFA à l'action climatique témoigne d'une volonté d'intégrer durablement les enjeux environnementaux dans les politiques publiques camerounaises.
En misant sur des investissements massifs, une coordination entre plusieurs administrations et des projets axés sur la résilience, le Cameroun entend mieux préparer son économie aux effets du changement climatique.
Si l'efficacité de ces dépenses dépendra de leur mise en œuvre et de leur suivi, cette enveloppe constitue néanmoins un signal fort.
Face à un phénomène dont les impacts économiques et sociaux devraient s'intensifier au cours des prochaines décennies, le pays choisit d'inscrire la lutte contre le changement climatique parmi ses priorités budgétaires, avec l'ambition de concilier développement économique, protection des ressources naturelles et sécurité des populations.



