Badenkop : Lisette Claudia Tame inaugure une agro-industrie d’avenir
À Badenkop, Lisette Claudia Tame inaugure une nouvelle usine agroalimentaire dédiée à la transformation du maïs, du plantain, du sucre et de la pomme de terre. Un projet stratégique pour l’emploi, l'import-substitution et la SND30 au Cameroun.
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d'industrialisation agricole. À Badenkop, dans l'arrondissement de Bangou (région de l'Ouest), une nouvelle unité agroalimentaire vient d'entrer en activité avec l'ambition de transformer localement plusieurs produits agricoles majeurs.
Porté par l'entrepreneure camerounaise Lisette Claudia Tame à travers le groupe Meta Invest, ce projet illustre la montée en puissance des investissements privés dans la transformation des matières premières agricoles, un axe prioritaire de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
L'infrastructure, inaugurée le 26 juin 2026, en présence du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et du ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, marque une nouvelle avancée dans la politique d'import-substitution engagée par les pouvoirs publics pour réduire la dépendance du pays aux produits transformés importés.
Une nouvelle usine pour créer davantage de valeur au Cameroun
Baptisée Denky, cette unité industrielle est spécialisée dans la transformation de plusieurs productions agricoles stratégiques, notamment le maïs, le plantain, la pomme de terre et le sucre.
Son objectif est de faire passer une partie croissante des récoltes camerounaises par des circuits de transformation locale avant leur commercialisation.
Au-delà de la simple production alimentaire, le projet ambitionne de développer une véritable chaîne de valeur autour de l'agriculture nationale en créant des débouchés plus stables pour les producteurs et en renforçant la compétitivité de l'industrie agroalimentaire camerounaise.
Cette approche répond directement aux ambitions de la SND30, qui fait de la transformation locale l'un des principaux leviers de diversification économique et de création de richesse.
Un investissement industriel aux capacités importantes
L'usine Denky a été implantée sur un terrain de trois hectares mis à disposition par l'État. Ses installations lui permettent d'afficher une capacité annuelle de transformation comprise entre 5 200 et plus de 6 000 tonnes de produits agricoles.
Cette capacité ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs locaux, qui pourront bénéficier d'un acheteur industriel susceptible d'absorber une partie significative des récoltes produites dans la région et au-delà.
En renforçant les débouchés pour les filières agricoles, le projet contribue également à limiter les pertes post-récolte, un défi majeur pour de nombreuses exploitations camerounaises.
Un moteur attendu pour l’emploi rural
L'un des aspects les plus importants du projet réside dans son impact social. Selon les prévisions annoncées par les promoteurs, l'usine devrait générer entre 350 et plus de 550 emplois directs.
Ces créations d’emplois concernent aussi bien les activités industrielles que les métiers liés à la logistique, à la maintenance, au conditionnement, à l'administration et à l'approvisionnement en matières premières.
À travers cette dynamique, les responsables du projet espèrent offrir de nouvelles opportunités économiques aux populations locales et contribuer à réduire l'exode rural, qui prive régulièrement les zones agricoles d'une partie de leur main-d'œuvre jeune.
En stimulant l'activité économique autour de Badenkop, l'usine pourrait également favoriser l'émergence d'un écosystème composé de transporteurs, de fournisseurs, de coopératives agricoles et de petites entreprises de services.
Une troisième usine en moins de deux ans
Avec cette nouvelle réalisation, Lisette Claudia Tame poursuit une stratégie d'investissement particulièrement soutenue dans le secteur agro-industriel.
L'usine de Badenkop constitue en effet la troisième unité industrielle développée par l'entrepreneure en moins de deux ans, témoignant d'une volonté d'accélérer la transformation des productions agricoles camerounaises.
Le financement et l'accompagnement du projet ont été assurés par BGFIBank Cameroun, partenaire financier de cette initiative.
Cette collaboration illustre le rôle croissant que peuvent jouer les établissements bancaires dans le financement de projets industriels à forte valeur ajoutée pour l'économie nationale.
Un projet aligné sur les ambitions de l'import-substitution
L'inauguration de Denky intervient dans un contexte où le gouvernement multiplie les initiatives destinées à réduire les importations de produits alimentaires transformés.
En encourageant les investissements dans la transformation locale, les autorités souhaitent renforcer la souveraineté alimentaire, améliorer la balance commerciale et créer davantage de valeur sur le territoire national.
Selon Lisette Claudia Tame, cette nouvelle unité industrielle est destinée à « créer des emplois, freiner l'exode rural, valoriser les productions agricoles nationales et contribuer à l'atteinte des objectifs de la SND30 ».
Cette vision s'inscrit pleinement dans les orientations économiques actuelles du Cameroun, qui privilégient désormais l'industrialisation des filières agricoles plutôt que l'exportation de matières premières à faible valeur ajoutée.
Un signal encourageant pour l'industrie agroalimentaire camerounaise
Au-delà de l'inauguration d'une nouvelle usine, le projet Denky illustre l'évolution progressive du paysage industriel camerounais.
Il confirme que des entrepreneurs nationaux investissent de plus en plus dans la transformation des ressources agricoles afin de répondre à la demande locale tout en réduisant la dépendance aux importations.
Si cette dynamique se poursuit, elle pourrait contribuer à moderniser durablement l'agriculture camerounaise, améliorer les revenus des producteurs et renforcer la compétitivité de l'économie nationale.
L'usine de Badenkop apparaît ainsi comme un exemple concret de la manière dont les investissements privés, soutenus par les pouvoirs publics et les institutions financières, peuvent accompagner les ambitions de la SND30 et accélérer la construction d'une agro-industrie plus performante au Cameroun.



